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Foi, dignité et épanouissement humain : entendre la voix de Dieu à l’ère de l’intelligence artificielle

Voici la transcription intégrale de la vidéo de Gerrit W. Gong, du Collège des douze apôtres de l’Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours, intitulée : « Foi, dignité et épanouissement humain : entendre la voix de Dieu à l’ère de l’intelligence artificielle ». Elle a été diffusée le 7 juin 2026.

L’intelligence artificielle peut-elle remplacer Dieu ?

Cette question peut sembler provocatrice, mais à une époque où nous nous tournons vers les algorithmes pour trouver des réponses, des conseils et même du réconfort, c’est une question essentielle. L’intelligence artificielle peut répondre à des questions, mais elle ne peut pas répondre à des prières. Elle peut structurer l’information, mais elle ne peut apporter ni révélation, ni lien d’alliance, ni vérité divine. Dans ce message, j’examine comment entendre clairement la voix de Dieu à l’ère de l’intelligence artificielle et pourquoi cette distinction est plus essentielle que jamais.

Bonjour, je m’appelle Gerrit Walter Gong.

Gerrit est un prénom néerlandais. Walter, le prénom de mon père, est un prénom américain. Gong, quant à lui, est un nom de famille chinois. Je suis la seule personne que je connaisse à avoir un prénom néerlandais, un deuxième prénom américain et un nom de famille chinois.

Je viens de la Silicon Valley.

Le terme « Silicon Valley » s’est répandu alors que j’arrivais à l’âge adulte. Mon père a coécrit un manuel de physique intitulé « Mécanique » avec un scientifique qui a reçu le prix Nobel pour ses travaux sur les semi-conducteurs et sa découverte de l’effet transistor. En fait, la loi de Moore selon laquelle le nombre de semi-conducteurs sur une puce de silicium double tous les 18 à 24 mois ainsi que ses applications ont contribué à faire de la Silicon Valley, ce qu’elle est aujourd’hui.

Mon père, le professeur Walter A. Gong, était un professeur bienveillant et brillant.

Il a consacré sa vie à élaborer des modèles qui mettent l’accent sur le libre arbitre, la responsabilité et le potentiel divin de chaque personne. Sa perspective m’a appris à voir nos rôles, nos connaissances et nos expériences comme des réalités sacrées, liées et interconnectées.

Lorsque je travaillais au département d’État américain, j’ai fait partie de l’équipe qui a aidé le secrétaire d’État George P. Shultz à mener ses recherches et à rédiger « Forme, portée et conséquences de l’ère de l’information ». Comme je l’expliquerai plus tard, au 21ᵉ siècle, la concentration des informations, des capitaux, et des technologies autour de l’IA lui confère une puissance et une portée sans précédent.

Aujourd’hui, je suis dirigeant au sein d’une Église chrétienne mondiale.

Au fil de mes visites dans plus de cent pays, je constate partout un amour profond de l’humanité, un attachement à la vie et à l’apprentissage, et la volonté de permettre à chacun de réaliser son potentiel.

Un enjeu qui définit notre époque

Partout, je constate également une profonde inquiétude au sujet de l’IA, un enjeu majeur qui caractérise notre époque. L’Internet des objets évolue vers l’intelligence artificielle des objets. Tout devient connecté. Nos téléphones, nos montres, nos sonnettes, nos voitures, nos usines, nos réseaux énergétiques… Pratiquement tout ce qui nous entoure collecte et transmet des données, et ces informations sont interprétées, analysées et exploitées.

Conscient de ces tendances remarquables, j’ai conçu six courtes vidéos.

Je les ai intitulées « Foi, dignité et épanouissement humain : entendre la voix de Dieu à l’ère de l’intelligence artificielle ». Je veux être clair sur les défis réels et les préoccupations, mais je veux aussi parler de l’IA avec une vision pleine de foi et d’espérance. Je veux que l’IA et les technologies associées contribuent à rendre le monde meilleur, à réduire la fracture numérique, à favoriser l’épanouissement humain, et à renforcer la foi, le sens moral, le sens de la vie et les horizons du possible.

Aujourd’hui, les transformateurs génératifs préentraînés (GPT), que nous appelons IA, désignent des technologies fondées sur des algorithmes capables d’accomplir des tâches généralement associées à l’intelligence ou à la créativité humaines, telles que comprendre les langues, identifier des schémas, prendre des décisions et générer des idées. L’IA peut fonctionner avec une grande autonomie et d’une manière que les humains ne peuvent pas prédire, expliquer, ou contrôler avec certitude. L’IA actuelle maîtrise le langage naturel : elle comprend et répond avec aisance, elle utilise un raisonnement avancé et des algorithmes innovants qui apprivoisent le langage de la nature.

L’IA peut modéliser et résoudre de manière itérative des problèmes pratiques complexes ce qu’on appelle la méthode d’escalade, et l’IA peut générer du code de façon récursive. Imaginez une IA qui écrit de l’IA. Ces nouvelles capacités d’IA promettent des avancées, mais bouleversent aussi les schémas établis dans notre vie professionnelle, sociale et personnelle.

Ces derniers mois, j’ai rencontré des chefs d’entreprise, des dirigeants religieux, des experts en technologie, des universitaires, des chargés de politiques, des représentants de médias et de gouvernements, dans la Silicon Valley, ainsi qu’à Istanbul, Rome, Salt Lake City, et Athènes, des lieux qui incarnent la foi et la tradition religieuse. Nous sommes confrontés aux progrès rapides de l’intelligence artificielle et aux enjeux fondamentaux que ces nouvelles capacités suscitent.

Voici quelques-unes des nombreuses questions que l’essor de l’IA nous amène à nous poser. Une intelligence artificielle sûre et éthique, au service de l’humanité, peut-elle rendre l’emploi et l’éducation accessibles et équitables pour tous ?

Les mesures de protection et les critères de référence permettent-ils à l’IA d’être exacte, intègre et respectueuse dans sa représentation de chaque personne ?

À mesure que l’IA imite les voix, génère des images et élabore des récits, elle brouille la frontière entre le réel et l’irréel, le vrai et le faux, le durable et l’éphémère. Comment discernerons-nous les hypertrucages ?

Comment allons-nous décider quels contenus produits par l’IA sont appropriés ? Ou inappropriés ?

Quels principes et valeurs devraient encadrer les relations entre l’homme et l’IA ? En particulier lorsque des agents d’IA omniprésents accèdent aux données personnelles, touchent à la vie privée, influencent l’organisation du travail, et nous servent de sources d’information, de conseillers ou de compagnons ?

Quels modèles économiques et valeurs sociétales détermineront les entreprises et les modèles d’IA qui prospéreront ?

Qui pourra accéder à l’IA ? Avec quels contenus ? Et à quel prix ?

Alors que l’IA devient plus performante, comment préserver et promouvoir les principes divins du travail, du libre arbitre, de la responsabilité et du développement personnel ?

Si, comme certains le prédisent, dans les deux à cinq prochaines années, l’IAG (l’intelligence artificielle générale) ou même la SIA (la superintelligence artificielle) surpassent les capacités humaines pour de nombreuses tâches, comment définirons-nous la dignité et la valeur humaines ?

Et parce que la course à la suprématie de l’IA renforce la polarisation, les rivalités et la concurrence entre les individus, les entreprises et les pays, comment pouvons-nous préserver la paix, l’unité et la cohésion sociale ?

Ayant travaillé pendant des années à l’intersection de la foi, de l’apprentissage et des politiques mondiales, je vois l’intelligence artificielle non seulement comme une avancée technologique majeure, mais aussi comme une occasion morale profonde de réfléchir à qui nous sommes et à la manière dont nous agissons dans le monde d’aujourd’hui. En cette époque de profonde transformation, je nous invite à garder en mémoire des vérités fondamentales.

En tant qu’enfants d’un Dieu aimant, nous avons notre libre arbitre moral et la capacité de bâtir une communauté fondée sur les alliances. Nous sommes responsables de nos choix et devons en rendre compte. Nos choix façonnent notre jugement, notre personnalité et notre développement personnel. Nous avons tous une valeur et une dignité divines. La compassion et l’intégrité sont les piliers de la confiance humaine et, pour les croyants, elles manifestent le chemin, la vérité et la vie que l’on trouve en étant disciple de Jésus-Christ. Lorsque nous comprenons vraiment qui nous sommes, nous pouvons aborder l’IA et d’autres nouvelles technologies avec plus de confiance, de vision et de sagesse.

Trois vérités fondamentales de l’Évangile peuvent guider notre utilisation de l’IA.

Premièrement, fiez-vous à l’Esprit. La technologie doit soutenir, et non remplacer, la révélation, l’étude personnelle et le respect des alliances. Rien ne remplace le fait d’« étudier dans [son] esprit » et de ressentir la confirmation spirituelle du Seigneur dans son cœur et dans son esprit.

Deuxièmement, faites preuve de sagesse. Laissez la doctrine et vos expériences de vie guider votre jugement.

Troisièmement, choisissez des sources fiables. Cherchez à comprendre grâce aux Écritures, aux conseils des prophètes et à des informations fiables. Je nous invite à utiliser l’IA de manière réfléchie et intentionnelle, comme un outil dans notre parcours de disciples.

Sur une feuille de papier, écrivez le titre : « Intelligence artificielle », puis « Possibilités » en haut à gauche et « Risques » en haut à droite. Réfléchissez aux possibilités que vous offre l’IA. Où et comment l’IA peut-elle vous aider vous et votre entourage ?

Risques : où l’IA peut-elle devenir un frein ou une limite pour vous ou vos proches ?

Apprendre, s’organiser, créer des liens… Comment l’IA peut-elle avoir une influence positive ou négative sur vos décisions et vos relations ?

Dans le prochain épisode, nous verrons comment l’IA influence nos quatre relations fondamentales : avec la Divinité (« lui »), avec nous-mêmes (« je »), avec la société et les autres (« ils »), et avec le monde naturel et l’environnement (« cela »). Lui, je, ils, cela. Chaque relation est essentielle, et l’IA a un effet sur chacune.

L’IA et notre relation avec Dieu (lui)

Commençons par le commencement. « Au commencement, Dieu créa les cieux et la terre. […] Dieu dit: Que la lumière soit ! Et la lumière fut. Dieu vit que la lumière était bonne. » Que vous vous considériez ou non spirituel ou croyant, chacun de nous connaît des moments personnels de réflexion, de recueillement, voire de transcendance.

Nous nous sentons pleinement présents.

Nous avons le sentiment d’avoir un but et de faire partie d’un tout. Cela s’explique en partie parce que toutes choses témoignent de leur Créateur. En d’autres termes, Dieu est Dieu. Certains parlent avec une certaine légèreté d’une IA qui « deviendrait Dieu » ou d’une « IA quasi-divine ». Même si l’apprentissage de l’IA évolue et même si nous atteignons l’IAG (l’intelligence artificielle générale) ou la SIA (la superintelligence artificielle), nous savons que le raisonnement, même le raisonnement surhumain, a des limites. L’homme n’est pas, et la divinité n’est certainement pas, définie uniquement par le raisonnement.

L’IA n’est pas et ne peut pas être Dieu. L’IA peut répondre aux questions, mais elle ne peut pas répondre aux prières. Elle peut structurer la pensée, mais elle ne peut pas offrir de relations d’alliance ni de bénédictions. Les plateformes et les technologies ne peuvent pas remplacer des relations authentiques, humaines et divines.

Les humains fournissent les données d’entraînement de l’IA.

Ils en définissent aussi les principes moraux et éthiques. Il n’est donc pas surprenant de retrouver des biais, des préjugés, et des valeurs humaines dans les réponses et les agents de l’IA. Reflétant peut-être l’air du temps, les modèles d’IA reproduisent parfois la soif de pouvoir, la flatterie, le narcissisme, les préjugés, la tromperie, et l’autoconservation. En définitive, nous savons que l’intelligence artificielle ne peut ni remplacer la révélation ni produire une vérité qui vient de Dieu.

L’IA est fondée sur les mathématiques, et les mathématiques ne sont ni conscientes ni vivantes.

Dieu est notre réalité ultime. Il est parfait, compatissant et omniscient. Il ne se trompe jamais. Il n’invente rien. Il dit toujours la vérité.

Et c’est la vérité. Ne laissez pas l’IA s’interposer entre vous et votre relation personnelle avec Dieu.

En tant que création de Dieu, l’homme peut créer l’IA, mais l’IA ne peut pas créer Dieu. De par sa nature, l’intelligence artificielle demeure, d’une certaine manière, toujours artificielle. La Divinité, quant à elle, n’est jamais artificielle, en aucun cas ni sous aucune forme. Les grandes traditions religieuses, philosophiques et éthiques du monde ont guidé la civilisation humaine et la société pendant des millénaires. Nous avons besoin de cette sagesse et de ces valeurs pour encadrer l’IA aujourd’hui.

La déclaration du Vatican sur l’IA, intitulée « Antiqua et Nova » (ancien et nouveau), commence par ce rappel solennel : « Notre intendance humaine pour le monde créé inclut la gouvernance du don de l’intelligence afin qu’il favorise le progrès humain et le bien commun. » Dans la tradition juive, la Rabba souligne « une différence profonde entre l’âme humaine et l’intelligence artificielle ». Dans la tradition islamique, l’Alliance adamique désigne le lien moral fondamental entre l’humanité et Dieu (l’axe vertical) et entre les êtres humains (l’axe horizontal).

Dans ma religion, qui est une église chrétienne mondiale, nous affirmons que « l’esprit et le corps sont l’âme de l’homme ». « Les éléments sont éternels, et l’esprit et l’élément, inséparablement liés, reçoivent une plénitude de joie. » L’IA, faite d’algorithmes mathématiques et de machines, peut manifester des capacités de raisonnement avancées, comparables à celles d’un ordinateur sophistiqué, et l’IA peut aussi refléter certains traits de la personnalité humaine. Toutefois, elle ne constitue pas, comme c’est le cas de l’âme humaine, l’union de l’esprit divin et du corps physique.

Les Écritures, y compris celles du Rétablissement, nous aident à faire la distinction entre l’intelligence divine, l’intelligence humaine et l’intelligence artificielle. Le chapitre 11 de la Genèse raconte l’époque où des hommes parlant une même langue dirent : « Allons, bâtissons-nous une ville et une tour dont le sommet touche le ciel. […] C’est pourquoi on l’appela du nom de Babel. » Dans ce récit biblique de la tour de Babel, nous comprenons le mécontentement de Dieu face à l’arrogance humaine de ceux qui pensaient pouvoir construire une tour pour rivaliser avec le ciel.

Un grand rabbin juif propose une interprétation du Midrash, le commentaire traditionnel de la Torah. Selon cette lecture du Midrash : « Obsédés par la construction d’une tour, les hommes pleuraient davantage la perte d’une brique que la mort de celui qui l’avait fabriquée. » Lorsque les hommes accordent plus de valeur aux briques et aux tours qu’à la vie humaine et sa valeur sacrée, il n’est pas étonnant que le Dieu des cieux en soit peiné. Les grandes traditions religieuses affirment la noblesse et le potentiel des hommes et des femmes en raison de leur lien d’alliance avec « lui ».

Cette relation divine avec Dieu façonne également nos relations les uns avec les autres. Le mot ubuntu, issu de l’Afrique australe, l’exprime ainsi : « Je suis parce que nous sommes. » Du « je » et du « lui » naît le « nous ». Ensemble, « lui », « je » et « ils » nous rappellent cette vérité : « C’est la paternité de Dieu qui rend possible la fraternité des hommes et des femmes de partout. » Alors, je vous en prie, ne laissez pas les technologies de l’IA, même involontairement, façonner votre conception de Dieu à l’image de l’IA.

Apprenez à connaître véritablement Dieu par sa parole et par son Esprit. Parfois, les cieux semblent silencieux. Apprenez à discerner la voix de Dieu par l’inspiration. Dieu n’est pas un chatbot ni un moteur de recherche qui dit ce que nous voulons entendre.

Dieu connaît nos intentions, les espoirs et les aspirations de notre cœur, les angoisses et les joies de notre âme.

Il écoute, il entend, il répond. Dieu nous donne l’occasion de travailler, d’apprendre et de créer. Dans ma religion, nous croyons que « la gloire de Dieu, c’est l’intelligence ou, en d’autres termes, la lumière et la vérité ». Nous croyons que, « quel que soit le degré d’intelligence que nous atteignions dans cette vie, il se lèvera avec nous dans la résurrection ». En effet, « si, par sa diligence et son obéissance, une personne acquiert dans cette vie plus d’intelligence qu’une autre, elle en sera avantagée d’autant dans le monde à venir ». Il n’est donc pas surprenant que nous vous invitions à apprendre par vos propres efforts, par votre travail le plus sérieux, en travaillant dur et intelligemment, en reconnaissant votre propre travail, sans prétendre que le travail de l’IA est le vôtre.

Voici un principe essentiel : plus nous travaillons avec intention, diligence et effort, plus nous tirons profit de notre travail et de ses fruits. Faites preuve de sagesse.

Si l’IA peut vous aider dans votre travail, utilisez-la de manière appropriée. Mais il est important de distinguer une IA qui soutient votre apprentissage, qui améliore votre compréhension, d’une IA qui fait le travail à votre place sans réel bénéfice pour votre progression. Si nous n’y prenons pas garde, l’IA peut nous conduire à la paresse, à la dépendance, voire à la malhonnêteté. Ne laissez pas l’IA vous remplacer dans des tâches qui, autrement, vous aideraient à vous dépasser et à progresser. Et ne vous attribuez pas le mérite ni ne revendiquez le travail de ce que l’IA a principalement produit.

Lorsque nous cherchons à nous améliorer par notre propre travail et nos efforts, l’IA peut enrichir, approfondir et vivifier notre créativité et nos capacités. Utilisée avec sagesse, elle peut être un outil précieux. C’est particulièrement vrai lorsque nous agissons et nous développons par nos propres efforts, en particulier dans un cadre spirituel. Nous ne progressons pas spirituellement si l’IA prépare nos discours et leçons, ou rédige nos devoirs du séminaire ou de l’institut.

Bien que l’IA soit utile pour la recherche, la révision, la traduction, et d’autres tâches, nous ne devrions pas utiliser l’IA pour rédiger nos premières ébauches ni pour écrire la version finale de nos messages spirituels.

Que la préparation spirituelle et le témoignage personnel vous guident.

L’IA et le rapport à soi (je)

Notre relation avec nous-mêmes, le « Je », reflète notre identité divine et humaine. Nous sommes naturellement fiers et trouvons du sens dans notre travail. Pourtant, à mesure que l’IA devient de plus en plus performante, nous devrons peut-être repenser la finalité et le sens du travail humain, car l’IA transforme certains emplois tout en créant de nombreuses nouvelles possibilités de travail. Pendant longtemps, nous nous sommes définis selon ce que les humains peuvent faire, et que les machines, même les plus intelligentes, ne peuvent pas accomplir. Pourtant, à mesure que l’intelligence artificielle rend certaines formes d’intelligence accessibles à tous, il devient nécessaire de nous définir autrement que par l’intelligence.

Nous pouvons souligner davantage ce qui fait réellement de nous des êtres humains : des caractéristiques immuables, telles que la foi, la compassion, l’amour, l’humilité, l’empathie et le pardon.

Aimez-vous jouer à des jeux comme le morpion, les échecs ou encore le go ?

Si vous jouez en premier et que vous maîtrisez ce jeu, vous êtes certain de gagner ou de faire match nul dans une partie de morpion. Si vous jouez en second et que vous maîtrisez le jeu, le match nul est garanti dans une partie de morpion. C’est parce qu’au morpion, le nombre de coups est limité. C’est ce qu’on appelle un jeu résolu. Les bons joueurs peuvent toujours gagner ou faire match nul.

Les échecs sont évidemment bien plus complexes.

Aux échecs, chaque camp dispose de 16 pièces avec un choix de coups qui semble infini à chaque instant. Nommé ainsi en référence aux estimations de Claude Shannon, le « nombre de Shannon » estime à 10, suivi de 120 zéros le nombre de coups possibles aux échecs. Cette estimation repose sur environ 30 coups possibles par position pour une partie d’échecs classique d’environ 40 coups. Face à tant de possibilités et de complexités, beaucoup ont supposé que les échecs ne seraient jamais un jeu résolu.

Nous pensions que l’intelligence et la stratégie humaines domineraient toujours ce jeu.

Jusqu’au jour où un puissant ordinateur appelé Deep Blue a été programmé et entraîné pour y jouer. En 1997, dans les conditions réelles d’un tournoi, Deep Blue a battu le champion du monde de l’époque, le grand maître russe Garry Kasparov. Deep Blue a gagné 3,5 parties contre 2,5. 0,5 indique un match nul.

Comment est-ce possible ?

Deep Blue a testé des millions de configurations pendant des jours et des heures, sans jamais se fatiguer. Deep Blue n’a jamais été surpris ni « déstabilisé ». En plus, il avait appris à affronter un adversaire précis, Garry Kasparov. Deep Blue avait étudié toutes les parties jouées par Kasparov, jusque dans sa manière d’utiliser certaines pièces, comme les fous. Deep Blue avait appris à battre Kasparov.

Sophistiqué et complexe à sa manière, Jeopardy! est un jeu de mémoire et d’esprit d’analyse créatif. Chaque partie fait appel à des centaines de catégories et de questions sur l’histoire, la littérature, la géographie, et même des questions farfelues comme : nommez les États américains commençant par la lettre C, puis classez-les en fonction de la quantité de crème glacée consommée par habitant lors des années d’élection présidentielle. (C’est une blague.)

Jeopardy! repose également sur la vitesse et la précision, et donc sur la maîtrise de ses nerfs. En 2011, l’ordinateur Watson a battu Ken Jennings, l’un des plus grands champions de l’histoire du jeu. Jennings a déclaré : « Watson, contrairement à un humain, n’a jamais hésité, n’a jamais douté, et n’a jamais flanché, avant d’appuyer sur le bouton de réponse. » Cette réalité soulève une question fondamentale : dans quels cas les humains doivent-ils rester impliqués, en prenant le temps de s’arrêter et de réfléchir, avant de laisser l’IA agir à leur place ?

Un troisième jeu, que l’on croyait insoluble, était le go. Au jeu de go, les joueurs placent à tour de rôle des pièces noires ou blanches sur un plateau. On gagne la partie en encerclant les pierres de son adversaire. En 2017, le programme AlphaGo (DeepMind, une IA de Google) a battu le champion du monde de Go, un homme nommé Ke Jie, à trois reprises, en trois parties. Le champion vaincu a qualifié AlphaGo de « Dieu du go ».

Il est important de noter qu’AlphaGo a été conçu pour s’entraîner en jouant des millions de parties contre lui-même.

AlphaGo a joué plus de parties qu’une personne ne pourrait en jouer durant toute sa vie. Parfois, la portée stratégique de ces placements inédits n’est devenue évidente que bien plus tard dans la partie. AlphaGo a appris à placer des pièces dans des endroits sans précédent, invisibles et inattendus dans le jeu humain. Parfois, la portée stratégique de ces placements inédits n’est devenue évidente que bien plus tard dans la partie.

Tandis que Deep Blue en 1997, Watson en 2011 puis AlphaGo en 2017 ont respectivement vaincu les champions du monde aux échecs, à Jeopardy! et au go, l’ère de l’intelligence artificielle a débuté dans l’imaginaire collectif avec le lancement public de ChatGPT en novembre 2022.

Depuis, près de 1,4 milliard d’individus, soit une personne sur six dans le monde, auraient recours à l’IA de façon régulière.

Cette forme d’intelligence artificielle figure parmi les innovations les plus rapidement adoptées de l’histoire. Désormais, l’IA peut réussir des examens universitaires des examens du barreau ou de médecine avec d’excellents résultats. L’IA peut peindre un tableau, raconter un film, ou écrire une chanson country à succès. L’IA peut déterminer la structure des protéines, distinguer les signaux pertinents du bruit dans d’immenses quantités de données.

Elle peut gérer les stocks, repérer les tendances de consommation, adapter, suivre et envoyer des publicités ciblées à des millions de personnes. Certains vont jusqu’à solliciter l’IA sur des sujets profondément humains, jusqu’aux questions sentimentales.

Mais dans tout cela, apprenez d’abord à connaître le plan que Dieu a pour vous. Vous n’êtes pas un simple chiffre dans un algorithme impersonnel. Vous êtes un enfant bien-aimé de Dieu, un enfant de l’alliance, un disciple de Jésus-Christ.

Votre valeur éternelle ne dépend pas de votre popularité en ligne, de tendances statistiques ou de prévisions informatiques. Aucune machine ne peut mesurer votre potentiel divin. Chaque personne compte. Nous sommes tous uniques. Si nous n’y prenons pas garde, nous risquons de permettre aux algorithmes de définir notre identité.

Des études révèlent que certains font trop confiance à l’IA. Peut-être pensent-ils qu’un chatbot comprend mieux le monde qu’eux, ou qu’il n’est pas limité par les faiblesses humaines. La technologie ne peut pas nous dire qui nous sommes ni ce que nous devons faire. Notre libre arbitre moral signifie que nous pouvons choisir, avec l’aide de Dieu, notre chemin et nos priorités. Dieu nous invite à agir avec foi, à choisir avec sagesse et à progresser grâce à nos efforts et notre expérience.

Avec l’aide de Dieu, nous pouvons suivre une voie de progression et de disciple du Christ que les algorithmes ne comprendront jamais pleinement. Laissez l’IA vous fournir des informations, mais prenez vos décisions avec le Seigneur. Votre identité et votre libre arbitre sont sacrés.

L’IA et notre relation avec autrui (ils)

Notre relation avec « lui » nous enseigne que nous appartenons à une communauté humaine au sein du « ils ». Lorsque nous faisons face ensemble à des pandémies, des incendies ou que nous répondons discrètement aux besoins quotidiens de la vie, nous recevons de l’inspiration et de la force. Quand nous tenons conseil ensemble, nous sommes à l’écoute des autres et du Saint-Esprit.

Les relations humaines authentiques sont importantes.

La compassion, la gentillesse et l’optimisme se développent grâce à des expériences personnelles et des relations sincères. La foi et la sincérité se révèlent lorsque nous veillons à ce que personne ne soit assis seul. « Personne ne devrait être assis seul » signifie que personne ne doit être seul spirituellement ou émotionnellement. Plus particulièrement, personne ne devrait s’asseoir seul, dans la solitude ou la dépendance affective en compagnie d’un chatbot IA. Parler seul à un algorithme d’IA n’est pas la même chose que dialoguer avec un ami ou un membre de la famille.

Nous franchissons une zone grise dès lors que nous pensons que l’IA peut nous guider dans des questions intimes, telles que : « Quel emploi choisir ? », « Qui dois-je épouser ? », « Comment connaître Dieu ? » Je compatis pour ceux qui passent des heures à se confier à des chatbots en croyant qu’ils les écoutent ou les connaissent ; ce n’est pas le cas. Certains chatbots ne font qu’exécuter des algorithmes conçus pour augmenter votre temps d’écran.

Touchez-vous le nez du doigt.

C’est un moyen mnémotechnique simple, une façon de nous promettre, à nous-mêmes et à ceux qui nous entourent, de ne jamais laisser quelqu’un croire qu’un chatbot l’écoute ou se soucie de lui plus que nous, ses semblables, ne devrions le faire. Merci.

Évidemment, nous ne sommes pas parfaits dans notre façon de nous écouter et de nous comprendre les uns les autres.

Personne n’est aussi attentif, ni aussi désireux de plaire constamment qu’un chatbot IA. C’est précisément pour cela que nous avons besoin du « ils », de notre lien les uns avec les autres. Les vraies relations humaines ne sont pas solipsistes : nous ne nous parlons pas à nous-mêmes. Les vraies relations sont des relations humaines. L’appartenance grâce aux alliances n’a rien d’égoïste.

Elle n’est pas principalement centrée sur soi, surtout si cela se résume à ne faire que ce que nous voulons.

Le « lui » et le « ils » sont liés, car le lien d’alliance avec le « lui » fait naître les « ils ». Nous avons besoin du lien entre « lui », « je » et « ils ».

Bien sûr, les interfaces d’IA peuvent nous aider à apprendre à cuisiner, à trouver des lieux à explorer et à progresser au pickleball.

L’IA nous aide à planifier des activités, à traduire des messages et à organiser notre emploi du temps. Alors, consacrons le meilleur de notre énergie aux autres. Les outils numériques peuvent nous lier à notre famille, passée et présente, ce que nous appelons l’histoire familiale ou la généalogie. J’aime l’idée que, bien que nous puissions nous sentir seuls au monde, l’histoire familiale et la généalogie peuvent nous relier étroitement à des membres de notre famille que nous n’avons peut-être jamais connus.

Mon épouse et moi nous sommes rendus à Manchester, en Angleterre, pour déposer une pierre commémorative sur la tombe de Mary Ann et Joseph Cunningham, les arrière-arrière-grands-parents de ma femme.

Pendant cent soixante ans, Mary Ann et Joseph ont reposé dans des tombes anonymes. Un généalogiste inspiré nous a aidés à localiser ces tombes. Il a utilisé des outils numériques à la pointe de la technologie. Il a également fouillé le cimetière de manière traditionnelle, en vérifiant les tombes une par une. L’IA et la technologie peuvent nous aider à créer des liens, à partir de noms, qui nous situent et nous unissent au sein d’une famille éternelle.

Comme vous le savez peut-être, Manchester est l’un des endroits où la révolution industrielle du 19e siècle a commencé. La révolution industrielle a bouleversé les relations entre les personnes et les objets, et entre les individus dans la société. Aujourd’hui, l’intelligence artificielle bouleverse notre époque de manière encore plus profonde que la révolution industrielle ne l’a fait en son temps.

Dans votre sphère personnelle, veillez à utiliser l’IA pour la logistique et les brouillons, mais jamais pour remplacer les relations de confiance. Fixez-vous des limites.

Si vous êtes tenté de vous confier davantage à un chatbot qu’à un ami, un parent ou un dirigeant, je vous invite, dès aujourd’hui, maintenant, à tendre la main à une personne réelle qui vous connaît et vous aime.

Faites confiance à Dieu et aux personnes qui vous entourent, qui vous connaissent vraiment et qui vous aiment. Dieu vous connaît mieux et vous aime plus que vous ne vous connaissez ou ne vous aimez vous-mêmes. C’est la raison pour laquelle il nous a placés les uns auprès des autres. On ne peut jamais en dire autant d’un chatbot.

Nos quatre relations fondamentales englobent aussi le monde naturel et l’environnement le « cela », une autre relation que l’IA est en train de transformer.

Privilégiez les conversations réelles avec de vraies personnes. Laissez les algorithmes vous aider, mais consacrez votre plus grande énergie aux relations humaines.

L’IA et notre relation à l’environnement et au monde naturel (cela)

Nos quatre relations fondamentales englobent aussi le monde naturel et l’environnement le « cela », une autre relation que l’IA est en train de transformer. Privilégiez les conversations réelles avec de vraies personnes. Laissez les algorithmes vous aider, mais consacrez votre plus grande énergie aux relations humaines. Les endroits magnifiques comme celui-ci nous rappellent que « au commencement, Dieu créa les cieux et la terre. […]

Dieu vit tout ce qu’il avait fait, et voici, cela était très bon. » La beauté, l’ordre et le dessein des créations de Dieu témoignent de son amour et inspirent un émerveillement sacré. Ils invitent à être des intendants sages. Dans le monde naturel qui nous entoure, nous sommes étroitement liés aux rythmes et aux saisons de la nature, aux cycles réguliers du jour et de la nuit, aux cycles de la vie, de la mort et du renouveau. Pourtant, si nous ne faisons pas attention, nous pouvons perdre notre lien d’alliance avec le monde naturel face à la modernité d’aujourd’hui, avec ses commodités et son confort artificiels.

Au sud-ouest de l’Utah se dressent les monts Parowan.

Au nord de la ville de Parowan, le Parowan Gap, un passage de 150 mètres de profondeur et près de 5 kilomètres de long, relie les vallées de Parowan et de Cedar. Un panneau au Parowan Gap décrit les liens de la tribu hopi avec le Parowan Gap ainsi :

Le peuple hopi a conclu une alliance sacrée avec Maasaw, le Gardien de la Terre, en se déclarant responsables de préserver, de protéger et d’être les intendants de la terre. Conformément à cette alliance, les ancêtres du peuple hopi, ou les peuples d’autrefois, ont migré à travers le Parowan Gap vers Hopi, le centre spirituel de la terre.

Les pétroglyphes de ce site témoignent de l’accomplissement de leur alliance avec Maasaw. Récemment, mon épouse et moi nous sommes rendus dans un parc national réputé pour la qualité de son ciel nocturne.

Ce que l’on appelle l’échelle de Bortle mesure la pollution lumineuse. La classe 1 de l’échelle de Bortle correspond au ciel nocturne le plus sombre. La classe 9 de l’échelle de Bortle désigne le ciel nocturne le plus lumineux, donc le plus pollué par la lumière. Nous étions dans une zone de classe 1 ou 2 sur l’échelle de Bortle, très sombre et très claire, par une nuit sans lune. Nous avons rangé nos téléphones, grillé des guimauves au coucher du soleil et regardé la Voie lactée dans la nuit.

La Voie lactée relève du mythe, de la merveille et du mystère. N’est-il pas fascinant que chaque culture et chaque peuple ait sa propre histoire de la Voie lactée ?

En chinois, la Voie lactée se dit Yínhéxì, « la rivière d’argent ». En biélorusse, en estonien et en finnois, c’est la « voie des oiseaux ». Pour certains, la Voie lactée est la « route de Saint-Jacques ». En cherokee, c’est « la piste du chien en fuite ». En hébreu, « le fleuve de la lumière ». Les images du télescope spatial James Webb nous projettent encore plus loin dans l’espace que les célèbres images en champ profond du télescope Hubble. Comme en témoignent les grands prophètes Moïse et Abraham, les créations de Dieu comprennent des mondes sans nombre, des galaxies à perte de vue, même là où le ciel nocturne paraît vide.

Le grand écrivain français Victor Hugo l’a exprimé ainsi dans « Les Misérables » :

« Rien n’est petit, en effet. Quiconque est [attentif à] la nature le sait. […] L’algèbre s’applique aux nuages. L’irradiation de l’astre profite à la rose. […]

Il y a entre les êtres et les choses des relations de prodige ; dans cet inépuisable ensemble, de soleil à puceron, on ne se méprise pas. On a besoin les uns des autres. »

En vérité, « tout montre qu’il y a un Dieu ; oui, la terre et tout ce qui se trouve sur sa surface, oui, et son mouvement, oui, et aussi toutes les planètes qui se meuvent dans leur ordre régulier témoignent qu’il y a un Créateur suprême.

« Oui, toutes les choses qui viennent de la terre en leur saison sont faites pour le profit et l’usage de l’homme, pour plaire à l’œil et pour réjouir le cœur. »

Selon l’auteure Marilynne Robinson, la beauté est la « signature de Dieu ». L’un des moyens de connaître Dieu consiste à discerner sa signature et les choses qu’il a créées pour réjouir le cœur.

Imaginez que vous prépariez une randonnée en pleine nature. Vous allumez une simple bougie tout en rassemblant vos cartes, vos provisions, votre sac de couchage, votre tente, etc.

En raison de l’éclairage de la pièce, vous ne remarquez pas cette bougie. Imaginez maintenant que vous éteigniez la lumière de la pièce. La bougie brille alors clairement et intensément. Elle éclaire toute la pièce. La lumière de la bougie n’était pas invisible auparavant, mais la lumière artificielle de la pièce éclipsait la clarté naturelle de la bougie.

En un sens, nous avons besoin d’être dans la nature, loin de la lumière artificielle et de l’artificialité qui encombre tant notre vie moderne. C’est là que nous pouvons contempler la lumière de Dieu, non plus comme une simple bougie, mais, selon l’expression d’E.B. White, comme « la combustion des étoiles ».

Les écrans numériques ont certes leur utilité, mais ils ne remplaceront jamais le témoignage de la nature et du monde naturel. L’IA ne peut pas remplacer la lumière du soleil, le vent et les merveilles de la nature. Les échanges numériques sont au mieux un piètre substitut ou, au pire, une contrefaçon de ce que nous éprouvons à travers nos sens, notre cœur et notre esprit.

Nos sens et nos capacités physiques et spirituels nous ont été donnés par Dieu, en partie pour nous permettre de faire l’expérience du temps, de l’espace et de la matière, notamment à travers la beauté saisissante et régénératrice de notre monde et de notre environnement.

Alors que la course aux performances de l’IA s’intensifie, beaucoup expriment leur inquiétude quant aux ressources naturelles consommées par l’IA et son impact sur notre environnement. Une simple requête d’IA consomme généralement plus de puissance de calcul et bien plus d’énergie qu’une opération informatique classique. Les centres de données de l’IA exigent des ressources considérables en terres, en électricité et en eau. Les chaînes d’approvisionnement complexes requises pour produire des systèmes d’IA pèsent aussi lourdement sur les ressources naturelles.

Cela comprend l’extraction, le raffinage, le traitement et la purification des minéraux de terres rares ainsi que d’autres éléments et composants dont dépendent les systèmes d’IA.

Par ailleurs, la demande de services d’IA ne cesse d’augmenter, nous devons donc aborder l’expansion des infrastructures d’IA avec sagesse et dans le respect de la nature et de l’environnement.

Au-delà de ces effets sur notre environnement naturel, nous devons nous interroger sans cesse sur la manière dont nous laissons l’IA influencer notre environnement intérieur personnel et l’environnement que nous créons autour de nous.

Des études estiment que les adultes aux États-Unis passent en moyenne cinq à six heures par jour sur leurs téléphones, ordinateurs et télévisions. Les adolescents passent huit à neuf heures par jour devant un écran.

Nous savons qu’un usage excessif des écrans peut contribuer à la dépression et à l’anxiété, ainsi qu’à la dépendance aux réseaux sociaux. L’intelligence artificielle peut nuire à l’estime et à la confiance en soi, tout en fragilisant la santé mentale. Passer trop de temps sur les écrans se paie aussi en occasions manquées. Imaginez tout ce que nous pourrions faire avec ce temps. Alors, comme le dit le dicton, prenez le temps de revenir aux sources. Si vous vous sentez plus à l’aise sur votre téléphone qu’avec les autres ou qu’il vous prive de l’émerveillement, de la surprise et de la spontanéité propres à la création divine, c’est le bon moment pour changer.

Retrouvez la sérénité, le calme et l’assurance qui viennent lorsque nous nous replongeons dans l’ordre et la beauté de la création. Laissez les lieux paisibles de la nature remettre en perspective vos préoccupations quotidiennes. Arroser une plante, entretenir un jardin, cela peut rétablir l’équilibre. Cela peut désencombrer un appartement. Cela peut apaiser l’esprit surchargé.

Regardez les feuilles danser sous les premiers rayons de lumière. Arrêtez-vous et contemplez le soleil peindre les nuages avec la palette de Dieu. Écoutez les constellations raconter leur histoire en parcourant les étendues célestes. Il faut faire un effort délibéré pour ralentir notre rythme. La bonté de Dieu enrichit notre âme.

Dans le monde bruyant, saturé et pollué d’aujourd’hui, il est parfois difficile d’être calme et de savoir qu’il est Dieu. Nous mettons notre vie en scène pour qu’elle soit insta-parfaite, même si nous savons qu’« insta-parfait » n’est ni insta, ni parfait. Ce n’est que, lorsque nous éteignons la hotte de la cuisine, que nous réalisons le bruit qu’elle faisait. Parfois, ralentir le rythme autour de ce qui importe le moins nous aide à trouver ce qui importe le plus. À l’ère de l’IA, les avertissements lancés par les experts de la technologie d’autrefois résonnent encore plus fort. Si vous ne payez pas le produit, c’est que vous êtes le produit.

De nombreux algorithmes de réseaux sociaux et de l’IA sont conçus pour maximiser le temps passé en ligne, la transmission de contenu et les revenus publicitaires. Les applications à but lucratif peuvent engendrer suspicion, division et dépression. Il est également révélateur que les gourous de la technologie, ceux qui les comprennent le mieux, protègent leurs propres enfants d’un usage excessif des réseaux sociaux.

Quand je ne peux pas faire de la randonnée, j’aime me blottir avec un beau livre relié, comme les journaux de John Muir, l’un des grands défenseurs américains de l’environnement. Ce grand naturaliste a activement œuvré pour faire de Yosemite l’un des tout premiers parcs nationaux américains.

Voici un extrait du journal de Muir daté du 23 juin, tiré de son livre « Un été dans la Sierra ».

« Oh, ces vastes journées en montagne, calmes et infinies, qui invitent à la fois au travail et au repos ! Des journées à la lumière desquelles tout semble également divin, ouvrant mille fenêtres pour nous révéler Dieu. Jamais plus, si las soit-il, ne devrait défaillir en chemin quiconque a reçu les bénédictions d’une seule journée en montagne ; quel que soit son sort, vie longue ou vie brève, tourmentée ou sereine, il est riche à jamais. »

L’IA peut-elle enrichir notre relation avec la nature ?

Oui.

Un chatbot peut recommander des sentiers, des espaces naturels et des activités adaptées à la saison. Il peut préparer une chasse au trésor dans la nature. Il peut identifier les plantes ou les insectes. Mais la véritable découverte commence lorsque nous sortons nous-mêmes explorer.

Sortez un moment du monde numérique pour retrouver le monde réel. Soyez spirituellement ancré dans le moment présent. Invitez des amis ou votre famille, tout en laissant votre téléphone de côté. Chaque fois que nous sortons, nous entrons dans l’atelier de Dieu.

La nature nous enseigne la patience à travers la graine qui germe, l’humilité face à la tempête qui passe et la joie sous la chaleur du soleil. Ces leçons ne se téléchargent pas, elles se vivent. En prenant soin de la création avec révérence, nous rendons honneur au Créateur. Chaque bouffée d’air frais peut remplir notre cœur de reconnaissance. Recherchez délibérément des expériences qui donnent de la joie au cœur et qui édifient l’âme.

La technologie peut nous instruire, mais sans l’Esprit, elle ne peut transformer ni notre nature ni notre être.

Employons avec sagesse l’IA et les outils technologiques pour approfondir notre foi et notre compréhension spirituelle, renforcer nos relations et notre famille, et inspirer le respect et la gratitude envers les créations de Dieu.

Conclusion

La vie de disciple est un chemin d’alliances. L’IA est un outil. Lorsque nous suivons l’Esprit, agissons avec discernement et choisissons des sources fiables, la technologie peut nous aider à approfondir nos relations avec Dieu (« lui »), nous-mêmes (« je »), les autres (« ils » ) et le monde naturel ou l’environnement (« cela »).

Au cours de notre conversation, je vous ai invités à tout d’abord définir un cadre pour votre utilisation de l’IA, afin que l’IA ne fasse pas écran entre vous et votre relation personnelle avec Dieu.

Deuxièmement, écrivez les trois vérités suivantes sur votre identité : vous êtes un enfant de Dieu, un enfant de l’alliance et un disciple de Jésus-Christ. Affichez-les dans un lieu bien visible et, chaque fois que vous les voyez, prenez un moment pour vous les rappeler.

Troisièmement, envoyez à quelqu’un un message attentionné que vous aurez rédigé vous-même ou prenez le temps de passer un moment chaleureux et sincère avec un membre de votre famille, un ami, un colocataire ou un voisin.

Quatrièmement, prenez le temps de vous ressourcer dans la nature. Désactivez vos notifications.

Faites une prière de gratitude pour la beauté et pour tout ce qui témoigne de l’ordre naturel et des desseins pleins d’amour de Dieu, le grand Créateur.

Dans un monde marqué par l’essor rapide de la technologie et de l’intelligence artificielle, puissions-nous toujours préserver l’intelligence divine qui compte le plus : la voix de Dieu. Puissions-nous être attentifs à son doux murmure au milieu du tumulte. Aimons-nous les uns les autres au-delà des algorithmes et prenons soin de la création et de l’environnement avec révérence.

En conclusion, pour bâtir le meilleur avenir possible à l’ère de l’intelligence artificielle, nous devons faire appel à ce que le poète W.B.

Yeats appelait « le tréfonds de notre cœur ». En définitive, ni les êtres humains ni l’IA ne sauraient servir l’intérêt général en s’appuyant uniquement sur des interdictions ou des restrictions, surtout à une étape aussi décisive du développement et du potentiel de l’IA. Il est dans notre intérêt de faire de l’IA une priorité, car elle peut accroître ce que j’appelle le « don de l’IA au service des possibilités humaines ». Le véritable don de possibilités offert par l’IA peut accroître le libre arbitre et la dignité humaine, peut privilégier l’apprentissage et le développement du caractère humain et peut permettre aux personnes de trouver la dignité, leur place et leur raison d’être, tandis que chacun contribue au bien commun. Je souhaite que l’IA repose sur des principes moraux ; qu’elle soit dotée d’une boussole éthique. Je souhaite une IA capable d’inspirer et de donner à chacun, où qu’il soit, les moyens de réaliser son plein potentiel. L’IA devrait être conçue pour étendre ce don de possibilités à chacun.

Permettez-moi de conclure par une expérience personnelle qui illustre que n’importe qui, n’importe où, peut réaliser pleinement son potentiel. Récemment, je me suis rendu sur la petite île de Niévès, dans les Caraïbes orientales.

Niévès ne mesure qu’environ huit kilomètres de large sur onze kilomètres de long. Environ 90 kilomètres carrés, un point perdu au milieu de l’océan. Je suis allé à Niévès parce que je voulais voir de mes propres yeux ce don de possibilités. Sur la petite île de Niévès se trouve la maison et le lieu de naissance d’un homme qui a changé le monde. Cet homme a donné son nom à une célèbre comédie musicale hip-hop, et son portrait figure sur le billet américain de dix dollars. J’ai aussi trouvé sur la petite île de Niévès un jeune instituteur.

Cet instituteur dit fièrement qu’un élève de son île a changé le monde. Ce professeur dévoué donne des cours de géographie et d’espagnol avec la conviction profonde que n’importe lequel de ses élèves pourrait être le prochain Alexander Hamilton. Qui que vous soyez, où que vous soyez, vous pouvez devenir ce que vous voulez.

Partout où je me rends, dans plus de 120 pays et territoires aujourd’hui, je vois le potentiel et les possibilités de l’humanité. Avec l’IA, nous devrions promouvoir le libre arbitre et enrichir les capacités humaines.

Nous voulons que chacun s’épanouisse tout en contribuant au bien commun, pour créer un monde plus riche et plus généreux. Voilà pourquoi nous avons besoin de la foi, du libre arbitre, d’une boussole éthique et du don de possibilités, à l’ère de l’intelligence artificielle. Puissiez-vous discerner, grâce au don du Saint-Esprit, ce qui est réel et irréel, vrai et faux, édifiant ou non, avec foi et une intention juste. Je vous prie de choisir avec sagesse de suivre Jésus-Christ. Agissez avec foi, obéissance et diligence pour réaliser pleinement votre potentiel d’enfant de Dieu.

Ayez confiance en Dieu et croyez en lui. Puisse-t-il vous accorder des occasions d’apprendre et de servir, ainsi que tous les bons dons et une joie durable. Au nom de Jésus-Christ. Amen.